La carrière de Nicolas Charbonnier et Olivier Bausset n’est pas tracée sur une ligne droite, elle ressemble plutôt à un périple un peu sinueux où chacun s’autorise des escapades même si, en définitive, chaque jour qui s’écoule est un pas de plus vers les JO. Car si les deux sudistes se sont faits discrets pendant un temps dans le milieu du 470, c’est qu’ils ont consacré cette période à des projets personnels aussi ambitieux qu’une participation à l’America’s Cup pour le barreur ou des études de pharmacie pour l’équipier. Cette PO en pointillés aurait mis plus d’un équipage en péril mais eux ont su faire parler la poudre dès leur retour sur la scène internationale. « Nous avons moins navigué que les autres. Ça n’a pas toujours été facile mais, en ce qui me concerne, la participation à la Coupe est un vrai plus psychologiquement » explique le barreur. Les choses sérieuses commencent en 2007 : deuxième de la Semaine Olympique Française et peu de temps après vice-champions d’Europe, les sudistes prouvent rapidement qu’il faut compter avec eux.
Leur quatrième place sur le championnat du monde 2008 ne fait que confirmer leur potentiel. Selon Philippe Michel, leur entraîneur, l’ascension ne fait que commencer : « ils ont plus de disponibilité qu’ils n’en ont jamais eue. En matière de cohésion et de coordination, ça ne peut que progresser ». Pour le barreur à la fausse nonchalance, la clé de la réussite réside dans la cohésion de l’équipage. « Nous sommes amis avant d’être équipiers. Ça aide pendant les coups durs et c’est génial lorsque tout se passe bien ». Dans l’équipe, il joue le rôle de l’impulsif avec une très grosse expérience internationale alors qu’Olivier est, selon Nicolas, « le garde fou, capable de nous alerter pendant une régate si l’on s’éloigne du projet de départ ».
Pour le coach historique, Baptiste Meyer, « Olivier est l’élément structurant. Qu’il y ait de l’enjeu ou pas, il n’a pas de sautes d’humeurs » et cette résistance à la pression sera l’une des clés de la réussite pendant les Jeux Olympiques. Selon Baptiste, c’est même l’une des forces de l’équipage : « Nicolas est capable de se nourrir de l’enjeu et de la pression, c’est un joueur. Il est toujours plus à l’aise dans les phases finales que lors des qualifications » ce que confirme Philippe Michel qui voit Nicolas comme « un combattant, plus souvent à l’attaque que sur la défensive ».
Pour les derniers mois de préparation, Nicolas et Olivier bénéficient de l’appui d’un équipage de haut vol en la personne de leurs suppléants Pierre Leboucher et Vincent Garos : « redoutables en dessous de 15 noeuds » selon l’entraîneur. Un atout supplémentaire pour permettre aux sudistes d’atteindre l’objectif que Nicolas s’est fixé dès l’annonce de la sélection en février dernier : ne pas aller aux JO pour « aller aux JO » mais ramener une médaille !
Palmares
Leur entraîneur : Philippe MICHEL51 ans Né le 5 juillet 1957 Vit à Saint Raphael
De retour en métropole, il intègre le sport-étude de La Rochelle à sa création en 1974. Trois ans après, il devient responsable de centre d’entraînement fédéral. Il n’aura alors de cesse de cultiver une polyvalence peut-être unique dans ce sport : Mumm 30 et Melges 24, Monocoques IMOCA, Coupe de l’America, rares sont les domaines qui n’utilisent pas son expertise. Il en fait bénéficier aujourd’hui avec bonheur le 470 français. Philippe apporte également son regard de technicien à d’autres équipages comme Xavier Rohart et Pascal Rambeau avec lesquels il collabore régulièrement sur les thèmes de la vitesse, de la technique et de la technologie.
Avec la participation de Baptiste Meyer.
Quelques photos
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