CHAPITRE II

LE PLAN D 'EAU.

 

 

APPRÉHENDER LE CONTEXTE GÉNÉRAL

DE L' ÉPREUVE

 

II. 1. CONNAÎTRE LE SITE ET LE PLAN D'EAU.

Les influences du cadre extérieur sur le déroulement d'une épreuve de voile et, par voie de conséquence, sur le fonctionnement du Comité de Course et du Comité de Réclamation sont multiples et diverses.

Citons à titre d'exemple :

- Une manche de 80 concurrents en planche à voile sur un petit plan d'eau intérieur implique une probabilité de contacts bien supérieure à celle à prévoir sur un plan d'eau ouvert en mer.

- Les difficultés d'accès au parcours à partir d'une plage peu abritée des vents dominants en mer apporteront des problèmes de bris de matériel sans rapport avec un accès bien aménagé sur un plan d'eau intérieur ou avec des cales de mise à l'eau d'un grand Club.

- La navigation en Manche ou en Atlantique, parmi les cailloux et les courants, comporte des problèmes bien différents de la navigation en Méditerranée où, en revanche, l'évolution du temps est souvent soudaine et imprévisible.

En conclusion les Arbitres qui participent à une épreuve de voile se doivent d'étudier attentivement les caractéristiques du site et du plan d'eau avant le début de l'épreuve.

 

II. 1.1.UTILISATION DES DOCUMENTS TOPOGRAPHIQUES.

 

L'utilisation de ces documents pose le préalable de la connaissance par l'Arbitre d'un minimum de données topographiques à la fois terrestres et maritimes.

 

 

II. 1. 1. 1. Les plans d'eau intérieurs.

Les cartes de l'Institut Géographique National (IGN) au 1/25000 sont très suffisantes. A l'aide d'un crayon rouge, on pourra y tracer les dorsales en suivant les lignes de crête, avec un crayon bleu, les talwegs et les vallées.

Malheureusement, ce type de cartes ne porte pas les courbes de niveau du plan d'eau. II conviendra donc de s'informer si un organisme local n'aurait pas édité un document spécifique au plan d'eau et qui fournirait ces renseignements.

Certaines données topographiques peuvent avoir une influence sur le déroulement de la course. On peut citer par exemple :

- une étendue forestière, plus ou moins vaste, en bordure du plan d'eau, peut amener des couloirs de risées par temps calme.

- un talweg aboutissant au plan d'eau apporte aussi des risées par temps calme ou des rafales par temps fort.

- les zones de hauts fonds, submergés ou non engendrent des herbiers qui deviennent des obstacles, visibles ou non, mettant en jeu la Règle 19.

- d'autres renseignements peuvent apparaître en clair sur les documents édités localement.

Par exemple :

- les zones réservées à la pêche ou la promenade.

- les ouvrages d'art, digues barrages, prises d'eau et les zones interdites situées à proximité.

- les réserves ornithologiques interdites à la navigation.

Ces zones signalées par des bouées doivent constituer des obstacles continus et des zones interdites au sens des Règles de Course.

 

 

II. 1. 1. 2. Les plans d'eau maritimes.

 

Il existe deux principaux types de cartes marines :

a) les cartes établies par le Service Hydrographique Océanique de la Marine (SHOM) qui détient les informations officielles permettant l'établissement de ces cartes.

b) les cartes produites par les Éditions Cartographiques Maritimes (ECM) et paraissant sous l'appellation Cartes Guides ECM.

Tout Organisateur d'une épreuve en mer doit être à même de pouvoir mettre à la disposition des Arbitres, mais aussi des concurrents, un ou des extraits de cartes du SHOM actualisées comme il se doit. En cas de parcours côtiers, toutes les cartes doivent être affichées.

Il est évident que la lecture de ces cartes doit être familière aux Arbitres. Il suffit de se référer à des ouvrages spécialisés. Signalons les données suivantes qui seront des renseignements fort utiles :

- le dessin de la côte : falaise, rochers, sable.

- les dangers particuliers : rochers couvrant et découvrant.

- les épaves.

- les amers utiles à la mise en place du parcours.

- les zones de mouillage autorisées ou non.

- la représentation graphique des balisages latéral et cardinal.

- la représentation des feux et des radiophares, en particulier pour la course au large.

- Les lignes de niveau et la nature des fonds.

Les données topographiques qui peuvent intervenir dans des Instructions de Course sont multiples et quelquefois imprévisibles.

 

Voici quelques exemples :

- la définition d'un parcours côtier ne doit souffrir d'aucune ambiguïté et respecter toute Règle de sécurité traduite par la présence de bouées cardinales et autres. Les erreurs ou les incertitudes dans cette définition seront souvent relevées avant le départ par des concurrents avisés, mais dans le cas contraire, des problèmes ne manqueront pas de se poser aux Arbitres.

- le positionnement d'un "Rond" sur une carte de situation des parcours établie par les Organisateurs, sur un site non encore utilisé dans le passé, ne doit être effectué qu'après une étude attentive des critères " négatifs " tels que rochers affleurant lors des marées de fort coefficient.

- la délimitation des zones interdites à la navigation doit être clairement définie.

- les coefficients et les heures de pleine et de basse mer doivent être indiqués pour permettre de déterminer à tout moment la hauteur d'eau sur le parcours afin d'implanter correctement celui-ci.

- la direction et la force du courant, en fonction des heures et coefficients des marées, influent sur le cap et la vitesse du bateau mouilleur et aussi sur l'orientation à donner à la ligne de départ et d' arrivée.

- la teneur et la consistance des fonds influent directement sur la tenue des mouillages des marques et des bateaux.

 

 

 

II. 1. 2. LES TEXTES RELATIFS A LA RÉGLEMENTATION

DE LA NAVIGATION

 

II. 1 .2. 1. Les plans d'eau intérieurs

La plupart des plans d'eau intérieurs sont soumis à des règlements très particuliers, émis par les Organismes responsables, en principe les Collectivités locales propriétaires du plan d'eau ou gestionnaires de celui-ci.

L'indication " Selon la législation en vigueur " figurant dans le paragraphe " Sécurité " des Instructions de Course type 97-2000 suppose, de la part des Organisateurs comme des concurrents, la connaissance des contraintes et sujétions propres au plan d'eau utilisé.

 

 

II. 1. 2. 1. 1. La réglementation générale.

 

La mise à disposition par les Organisateurs d'extraits de cette réglementation officielle du plan d'eau est absolument nécessaire, tout au moins par affichage comportant en particulier :

- la délimitation des zones interdites à la navigation, soit par des bouées spécifiques, soit par des distances précises

(par exemple, zone réservée à la pêche: 50 m des bords).

- les couloirs d'accès pour le ski nautique, s' il est autorisé.

- le Règlement de Sécurité avec, en particulier, la liste nominative du matériel obligatoire à bord, le port du gilet obligatoire, s' il y a lieu.

- les couloirs réservés à la navigation fluviale prioritaire.

 

 

II. 1. 2. 1. 2. Les règlements particuliers.

 

Sur certains plans d'eau ou cours d'eau, une autorisation particulière à l'épreuve est nécessaire. Suite à la demande des Organisateurs, un arrêté spécifique fait référence au Règlement Général, mais précise certains points particuliers à destination des Organisateurs.

 

Il revient à ceux-ci de prendre les mesures appropriées et de les faire connaître et respecter par les concurrents.

 

II. 1. 2. 2. Les plans d'eau maritimes

II .1. 2 .2. 1. La Réglementation Générale.

PRÉAMBULE DU CHAPITRE 2 R.C.V. 97-2000.

"....Le Règlement International pour prévenir les Abordages en Mer ou les Règles gouvernementales de priorité s' appliquent entre un voilier qui navigue sous les présentes Règles et un navire qui ne le fait pas, et remplacent les présentes Règles, si les Instructions de Course le prescrivent......"

** a) le Règlement International Pour Prévenir les Abordages en Mer (RIPAM)

- les droits des voiliers en course, quand ils sont d'application en vertu de la Règle M-2-2.

- les voiliers en course, en cas de rencontre avec des voiliers ou des bateaux non participants à l'épreuve.

Tout Arbitre doit en connaître les Règles essentielles exposées dans la partie B du RIPAM "Règles de barre et de route".

Il serait bon d'étudier les Règles portant sur les feux et marques des navires, sur les signaux sonores et lumineux émis par les navires.

Les ouvrages 2A et 2B publiés par le SHOM contiennent ces Règles accompagnées de nombreuses planches explicatives.

** b) La Réglementation générale propre à la Navigation touchant en particulier aux systèmes de balisage, aux feux et signaux sonores, aux zones interdites.

** c) La Réglementation générale propre aux problèmes de Sécurité, en particulier ce qui concerne les matériels de sécurité embarqués, différents selon les caractéristiques des voiliers et selon les catégories de navigation.

A ce propos, il convient de préciser dans l'Avis de Course la catégorie de navigation de l'épreuve.

Il est bon de rappeler que le skipper doit veiller personnellement au respect de cette réglementation générale de sécurité.

Toutefois, il sera bon de noter dans les Instructions de Course que l'Organisateur de l'épreuve se réserve le droit de procéder, soit systématiquement, soit par sondage, aussi bien avant, que pendant la course, à des contrôles des matériels de sécurité embarqués.

 

 

II. 1. 2. 2. 2 . Le Règlement particulier de l'épreuve.

A la suite de la demande d'autorisation transmise aux Affaires Maritimes par le Comité d'organisation, un Arrêté a été pris. En plus de l'accord donné, il rappelle souvent un certain nombre de contraintes, interdictions et autres. Il est indispensable que cet Arrêté soit mis à la disposition des Arbitres, pour qu'ils puissent en débattre lors de la réunion préparatoire. Des extraits significatifs intéressant les concurrents devraient être affichés au Tableau Officiel.

 

 

II. 1. 3. DES OBLIGATIONS DE CONNAISSANCE DE CES

TEXTES PAR LES ARBITRES

Il est vrai que toutes les données incluses dans les documents évoqués représentent une somme de connaissances à acquérir très lourde. Leur acquisition ne peut être que le résultat d'un travail de très longue haleine, parallèle à celui nécessaire à la pratique des procédures d'instruction. La préparation de la Carte MER permettra une connaissance minimum, celle du permis MER apportera une plus grande maîtrise. De plus, il conviendra de continuer sans relâche à entretenir le capital acquis.

Les instructions des réclamations entre concurrents, mais surtout des demandes de réparation, suite à des actions erronées ou omissions du Comité de Course relatives à des problèmes de réglementation sont toujours très délicates, car elles remettent souvent en cause la régularité de l'épreuve. En tout état de cause, les infractions des concurrents touchant à ces problèmes de sécurité ne sauraient admettre de laxisme.

 

 

II. 2. COMPRENDRE LES CONDITIONS MÉTÉOROLOGIQUES.

 

Tout Arbitre doit, là aussi, posséder un minimum de connaissances générales : il doit être à même de comprendre le contenu des documents que l'Organisateur doit mettre à disposition de l'ensemble des participants.

Le Club doit obligatoirement fournir un Bulletin Météorologique provenant de la Météorologie Nationale (Règle B et Article 1.2 des Instructions de Course). Ce bulletin peut être réceptionné par télécopie, par Minitel avec imprimante, par téléphone. Il peut être fourni par la station météo la plus proche ou par le Centre Départemental du lieu où se déroule l'épreuve.

Le Bulletin contient les prévisions pour la journée, mais aussi les probabilités pour les prochaines 24 heures. Cette information est parfois intéressante, car elle permet à l'Organisation ou au Comité de Course d'envisager une modification de l'Avis de Course pour le lendemain, en respectant les délais. Ce Bulletin doit être affiché au Tableau Officiel. En cas de situations difficiles, un complément d'informations pourra être demandé à la station météo. L'ingénieur prévisionniste sera toujours prêt pour apporter ces renseignements complémentaires, souvent nécessaires à la prise de décision.

Le Bulletin Météo est particulièrement important lors des régates d'Habitables, en effet, l'évolution prévue du temps sera un critère pour le choix du parcours.

Règle 4 Fondamentale "Décision de courir"

"....Un voilier est seul responsable de la décision de prendre le départ ou non, ou de rester en course....."

 

CONCLUSIONS DU CHAPITRE II

Ce Chapitre très succinct ne porte que sur des généralités, mais attire cependant l'attention des Arbitres sur la nécessité d'acquérir dans ces domaines des connaissances aussi approfondies que possible.

Des stages d'information réduits en durée portant sur un module "Navigation" et un module "Météorologie" sont offerts aux Arbitres régionaux ou Nationaux qui justement voudraient s'informer et se perfectionner.

 

 

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QUESTIONS AYANT TRAIT A

L' ÉTUDE DU CHAPITRE II

 

 

1 - Après le contournement par les dix premiers de la bouée sous le vent, à la fin du bord de vent arrière, le vent bascule d'environ trente degrés de sorte que les concurrents suivants "montent" directement vers la ligne d'arrivée pendant un temps suffisant pour leur permettre de terminer en tête de la course. Les cinq premiers ayant contourné la bouée sous le vent demandent réparation.

Que doit décider le Comité de Réclamation?

 

2 - Des concurrents franchissent la ligne de départ, encore en place, entre 4 mn 30 s et 5 mn après le signal de départ. Ils ne sont pas considérés comme partants par le Comité de Course. Ils demandent réparation, alléguant que le temps imparti pour se rendre sur la ligne de départ, après l'envoi du pavillon " Z " à terre était insuffisant, devant au préalable émarger la feuille de départ.

Que peut décider le Comité de Réclamation ?

 

3 - Les indications météo réunies par le responsable et affichées le matin prévoient une forte aggravation du vent dans la journée. En réalité, elle ne se produit pas. Le soir, un concurrent planche à voile demande réparation ayant opté pour sa petite voile.

Que peut décider le Comité de Réclamation ?

 

4 - Un parcours est établi par le Comité de Course en fonction de l'emplacement du " Rond " prévu sur le plan remis aux concurrents. Or du fait du fort coefficient de la marée, la hauteur au-dessus de certains rochers est limite. Par sécurité, des concurrents sont amenés à se dévier de leur route. Ils demandent réparation.

Que peut décider le Comité de Réclamation ?

 

5 - Dans une course de planches à voile, sur parcours olympique, le vent commence à faiblir lorsque les premiers sont au milieu du bord de vent arrière. Il est à prévoir que cette tendance va s'accentuer.

Le Comité de Course ne réduit pas à la bouée sous le vent. Sur le dernier bord de près, le vent continue à faiblir. Le Comité de Course n'annule pas. Les concurrents montent directement vers la ligne d'arrivée en utilisant tous les moyens adéquats pour progresser en l'absence de vent. Des demandes de réparation sont déposées.

Que doit décider le Comité de Réclamation ?

 

6 - Le parcours côtier d'une épreuve comporte le contournement d'une balise munie d'un feu. De nuit, les concurrents ne trouvent pas cette marque de parcours et la contournent à l'estime. Certains concurrents demandent réparation du fait de l'absence de ce feu.

Que peut décider le Comité de Réclamation ?

 

7 - ANNULEE

 

8 - Sur une épreuve promotionnelle, avec des conditions de vent faible, le Comité de Course donne le départ. Cette épreuve est une inter série. Au milieu du parcours, les conditions deviennent de plus en plus difficiles. Un seul voilier franchit la ligne d'arrivée après une réduction de parcours. Son arrivée est signalée au premier. Les autres concurrents ne pourront franchir la ligne d'arrivée. La course est annulée par le Comité de Course. Le coureur ayant franchi la ligne d'arrivée dépose une demande de réparation.

Que peut décider le Comité de Réclamation ?

Que devait faire le Comité de Course ?

 

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RÉPONSES AUX QUESTIONS

AYANT TRAIT A L' ÉTUDE

DU CHAPITRE II

 

 

1 - La question qui se pose au Comité de Réclamation est relativement simple, à savoir :

Le Comité de Course a-t-il effectué une action inopportune ou une omission. Il conviendra donc de savoir :

- si le Comité de Course devait anticiper la saute de vent et procéder à un changement de parcours à la bouée sous le vent.

- si le Comité de Course devait annuler la course du fait de cette saute de vent, qui s'est produite après le passage des premiers à la bouée sous le vent et qui n'a duré que momentanément.

Si les réponses sont négatives, le Comité de Course n'a effectué aucune action inopportune ou omission, et par la suite, les demandes de réparation ne sont pas fondées et seront rejetées.

 

2 - Une instruction approfondie est nécessaire, car elle met en jeu un certain nombre de facteurs extérieurs à la course proprement dite, qui en s'additionnant, peuvent effectivement poser des problèmes.

- un délai minimum avait-il été fixé dans les Instructions de Course entre l'envoi du pavillon "Z" à terre et le signal d'attention ?

- quelle était l'heure de mise en place de l'émargement par rapport à l'envoi du pavillon "Z" ?

- quel pouvait être le temps nécessaire pour l'émargement de l'ensemble des concurrents compte tenu de la présence d'une ou plusieurs listes ?

- quelle est la distance entre les parkings et la mise à l'eau ?

- quel est le caractère de la mise à l'eau ?

- quelle était la force du vent pendant le trajet cale-ligne de départ ?

- quelle est la distance entre la cale et la ligne de départ ?

Dans le cas où le Comité de Réclamation serait convaincu que l'ensemble des concurrents ne pouvait raisonnablement se rendre sur la ligne de départ dans l'intervalle compris entre l'envoi du pavillon "Z" et le signal de départ, il peut envisager de donner réparation.

Remarque

Il revient au Président du Comité de Course de se poser ces questions et de préparer les réponses possibles avant l'instruction.

 

3 - Le concurrent doit fournir la preuve de l'existence d'une action inopportune ou omission du Comité de Course. Le Comité de Course a eu raison de faire courir.

Le choix de la voile utilisée est de la responsabilité du concurrent.

La demande de réparation, non fondée, sera rejetée par le Comité de Réclamation.

Remarque :

Le processus de déroulement en continu d'une épreuve de planche à voile avec possibilité de revenir à terre après une course peut paraître lourd. Mais cette façon de courir permet justement au concurrent d'adapter sa voile pour la course suivante.

 

 

4 - Dans la définition du mot " Obstacle " il est dit que les Instructions de Course peuvent prescrire que certaines zones définies doivent avoir rang d' "obstacle", il conviendrait donc de savoir ;

- si le plan remis aux concurrents était une carte marine portant effectivement l'indication des hauts-fonds pouvant être dangereux à marée basse.

- si les concurrents étaient informés des coefficients de marée.

Même dans l'affirmative, les Instructions de Course ne prescrivaient pas en toutes lettres que les hauts fonds devaient être considérés comme obstacles à marée basse. Le Comité de Réclamation serait donc amené à étudier les routes suivies par les demandeurs et à s'interroger sur l'importance du préjudice subi et, en fonction de la réponse, à accorder ou non une réparation.

On peut imaginer que, si la régularité de l'épreuve a été gravement perturbée par la présence de ces hauts fonds, le Comité de Réclamation décide d'annuler la course.

Remarque

Le Président du Comité de Course aurait dû se rendre compte de la situation et prendre la décision d'annuler la course et de modifier le parcours.

5 - Après instruction en présence du Président du Comité de Course

( audition des demandeurs, du Président du Comité de Course, des Commissaires aux bouées, des concurrents arrivés en tête cités par le Comité de Réclamation, etc...).

Le Comité de Réclamation pourra annuler la course et la faire recourir

Remarques

* Dans cette situation , le Comité de Course aurait été bien avisé en effectuant une arrivée à la fin du bord de vent arrière avec réduction de parcours. Il avait encore la possibilité d'annuler avant l'arrivée du premier.

** La Règle B-4-1 "Règles de Course pour les Planches à Voile" prévoit la Modification de la Règle 42 et la possibilité de propulser la planche à voile par des actions individuelles du compétiteur.

"....La Règle 42 (Propulsion ) est modifiée comme suit :

Une planche à voile ne doit être propulsée que par l' action du vent sur la voile, par l' action de l' eau sur le flotteur et les actions sans aide du concurrent....."

L'annulation de la course n'est donc plus envisageable.

 

6 - Le Comité de Réclamation devrait établir que le feu était effectivement éteint avant l'approche des premiers concurrents. La marque ne comportait donc plus les caractéristiques prévues par les Instructions de Course.

Le Comité de Réclamation pourrait essayer de déterminer d'après les déclarations écrites des concurrents, les routes suivies par chacun d'eux et s'assurer que la marque avait bien été contournée à l'estime.

Dans l'impossibilité d'obtenir des réponses satisfaisantes, et considérant que la régularité de l'épreuve n'a pas été assurée, le Comité de Réclamation peut décider l'annulation de l'épreuve (Règle 64-2 R.C.V. 97-2000).

Remarque

La présence ou non des marques de parcours avec des caractéristiques définies par les Instructions de Course relève de la responsabilité du Président du Comité de Course.

Le Président du Comité de Course n'aurait-il pas dû s'assurer que le feu était correctement allumé ?

 

 

7 - ANNULEE

 

 

8 - Dans cette question apparaissent deux types de problèmes :

a) la validation et l'annulation d'une course par le Comité de Course.

b) la prise en compte par un Comité de Course des conditions météorologiques et l'établissement d'une procédure équitable qui permette d'assurer le déroulement normal de l'épreuve.

a) Le fait de valider la course en notifiant l'arrivée du premier, puis d'annuler par la suite est une situation délicate pour le Comité de Réclamation, car les raisons de ce revirement doivent être argumentées.

Le Comité de Course annule la course après l'expiration du temps limite prévu par les Instructions de Course et après l'arrivée du premier.

L'arrivée du premier rend la course valide, le Comité de Course ne peut annuler la course. Le Comité de Réclamation doit déclarer la course valide et courue, le demandeur sera classé premier, les autres voiliers étant classés DNF (Abandon).

Bien que le premier ait franchi la ligne d'arrivée avant le temps limite, le Comité de Course annule pour des raisons de sécurité, le Comité de Réclamation ne peut donner réparation au demandeur.

 

b) la prise en compte de conditions météorologiques précaires doit inciter les Arbitres à se consulter pour prendre la décision la mieux adaptée à la situation.

Exemples - intensité du vent sur le parcours.

- comportement des concurrents dans de telles circonstances.

- retournement de la situation avec un classement faussé par rapport au déroulement de la course.

Mais la décision devant ces situations revient au Président du Comité de Course.

 

REMARQUE

La Règle B-2 des R.C.V. 97-2000 prévoit :

"....Cependant après qu'un voilier a effectué le parcours et a fini dans le temps limite s' il y en a un , le Comité de Course ne doit pas annuler la course sans prendre en considération les conséquences pour tous les voiliers de la course ou des séries....."